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 Poésie bardique

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Muskull



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MessageSujet: Poésie bardique   Dim 24 Déc - 8:53

A ce propos la recherche de non-terme traditionnel est l'un de mes axes, je vous propose un des plus "aboutis" travaillé sur la matière celtique :

BRAN


Ruisselant d'océan, pêcheur en invisible, nourri des vents,
Abreuvé d'autre soleil, lui le culminant métronome.
Sa barque était un roche émergeante, usée d'os silencieux,
Sa voile : multiples ailes blanches des guides accompagnants...

Il est venu d'ailleurs, était-il même parti, o calcination d'âme !
Sa mémoire était celle des plus anciens et nous étions si jeunes,
Lui ne savait plus et nous ne savions rien. En accueil notre rivage,
En berceau notre terre à cette révélation que nous n'espérions plus.

Il n'avait rien à dire, il n'était que regard, non, pas las !
Il était l'ancien dit, celui que nous effacions chaque jour un peu plus
Il était nos possibles avortés, ces espoirs fulgurants tués par la raison,
Il était ruisselant d'horizons rejetés, il était l'île que nous avions rêvé.

Il se tenait debout sur les vagues, juste au point où le corps s'engloutit,
Un songe autour de lui construisait un vaisseau, une nef qui emporte...
Et il ne disait rien, nous voyait seulement... Notre cri fut misère,
Comment aurions nous pu ? Il était trop loin et il était trop proche...

Attendait-il quelque chose de nous ainsi intense d'immobile ?
Nos erres en pesantes certitudes frémissaient de non-être,
Allait-il mourir dévoré par nos sels si jamais ses pas venaient
Rien qu'un instant se mêler sur nos aires à nos danses affligées ?

Ses lèvres sont restées closes mais un chant est venu sur l'onde,
De lui à nous tendus vers la noyade, la tempête est venue
Hérissant nos échines en fulminante terreur, en apaisante joie...
Il venait de là-bas et notre rêve était là, concentré d'existence.

Soudain las de fournir provende au lendemain, à l'hier,
Elagués en virulence par l'ascendant du perçu magnifié,
Fourmis à nous même, pesant labeur et petites joies...
Ainsi donc il est vrai, cet autre rivage existe !

Un instant surnageant en enfance de l'art, éphémères,
Aussitôt assourdis, rêveurs d'une statue blanche de certitude,
Craintifs hélant l'oubli, vagues sur vagues grises néantisant l'offrande
Petits, restés petits face au ciel déchiré, à la mer immortelle...

Comment ! Comment ! Criions nous vers l'être déjà fantôme pâle,
Déjà apparition, irréel messager des océans muets en amertume.
Ruisselant de légendes il s'est dissous à l'aube de notre soleil.
Du sens où il a fuit, il n'est dire que le vent...

Référence : La navigation de Bran fils de Febal
http://www.arbre-celtique.com/encyclopedie/navigation-de-bran-fils-de-febal-450.htm
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OrbiiX

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MessageSujet: Re: Poésie bardique   Dim 24 Déc - 14:55

Une vraie "navigation", pourtant. Déjà lu ailleurs. Dans l'Île ?
Merci Muskull
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Muskull



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MessageSujet: Re: Poésie bardique   Mer 27 Déc - 13:55

Oui l'ami, dans l'Île car tel est ce voyage qu'il faut mieux faire conscient qu'obligé, ce voyage...
Il est clair quand les étapes sont terrestres, il y a des noms, des lieux, des chemins qui signalent, indiquent des noms, c'est la grâce de la terre.
Mais au rivage, que restent-il des certitudes, des savoirs ?
Cet océan n'a pas de lieu, de repos, il est le possible chaos, l'incertitude absolu, le monstre ou le véhicule des fous de l'absolu.
Certains l'aiment...
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Gilles Bizien



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MessageSujet: Re: Poésie bardique   Ven 29 Déc - 10:16

Il n'y a plus que des repères d'écume sur l'océan.

Gilles
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OrbiiX

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MessageSujet: Choix   Ven 29 Déc - 10:17

Est-il d'autres choix ?
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Gilles Bizien



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MessageSujet: Re: Poésie bardique   Ven 29 Déc - 10:44

Comme si les reperes n'étaient plus que de la neige voyageant au vent.

Gilles
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OrbiiX

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MessageSujet: Re: Poésie bardique   Ven 29 Déc - 15:55

Les repères sont bien utiles au voyageur. Les signes sont des échelles menant à plus de lumière, plus haut, plus simple.
La direction des flocons indique la direction du vent ;-)
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Muskull



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MessageSujet: Re: Poésie bardique   Sam 30 Déc - 10:40

Oui, le vent...
Il est si disant le vent, joueur aussi, colère parfois,
Un premier pas vers l'invisible en ses joutes, ses écrits
Sur la lande, ses chants en solitude venus d'Océan.
Porteur aussi à cette ouïe qu'il faut éveiller, patiemment,
Des chants de l'île, la plus lointaine et la plus proche.

Petit cadeau en ce bascul de l'an, l'ouverture de "mes" Ilîennes ;-)

Germination

Depuis la profondeur des temps monte l’ode des fiançailles.
L’argile lourde des vivants qui se redressent fascinés de vie
Et regardent les astres en prescience encore sourde de l’Autre.
Les sens subjugués devant les signes évoquants du mystère,
Et ces pierres taillées l’une après l’autre entre chance et malheur,
Entre douleur et joie qui poussent à la conscience de l’acte.
Ces rêves qui hantent leurs nuits disant les disparus et,
Au soleil revenu : « mais où sont-ils ? Je les ai vus vivre là bas ».
Mémoires qui se disent, se mêlent aux événements, prennent sens.
Mémoires devenues traditions, réceptacles des savoirs de survie.
Longtemps, tellement longtemps que seules pierres se souviennent
Ils allèrent ainsi, tendus vers le vertical et la sagesse de l’Autre.
Nomades ils n’erraient pas, ils s’appliquait à connaître la justesse,
Les forces naturelles inclinaient leur voyage et ils suivaient,
Confiants en ces veilleurs dont l’audition lointaine donnait savoir.


Un jour, ce Jour, cette mémoire s’ébroua et un de ces voyants
Perçut la mémoire de sa mémoire et proche, si proche sa voix…
L’ondée pacifiante ne fructifie pas les sables brûlants des dunes
Mais permet ces oasis où l’aile face au miroir se repose du voyage.
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Muskull



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MessageSujet: Re: Poésie bardique   Lun 8 Jan - 2:39

Dernière barditude ;-)

Chemin de terre

Ce que je sais est ce que je suis,
Ce que je suis est ce que peu suivent,
Ce que je sais est un don, une charge
Diée aux écoutants en sincère persévérance.

Il y a ce regard, cette merveille lumineuse
Qui montre ce qui est entre nuit et jour
Compatissant à ce que l’aveugle ne voit,
Rapportant de ce que prunelle est, témoin.

Il y a cette ouïe, oïnte aux chants du monde
Ecoutante toujours des plaintes en miroir.
Salvatrice des perditions mais se niant
Des temps de la volonté sereine, pacte ancien ?

Ooo ce parfum venu en mémoire, surgissant,
Par où est allée la merveille, en quel chemin ?
Comme musique assourdie, lointaine, presque oubli.
Mon animal sait le chemin et me le dit, ami.
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Ólöf



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MessageSujet: en suivant le chemin de terre   Lun 8 Jan - 3:49

J'aime beaucoup cette dernière barditude, bel effet de la rime intérieure dans ces vers:
Il y a cette ouïe, oïnte aux chants du monde
Ecoutante toujours des plaintes en miroir.

La présence de l'animal à la fin est rassurante et rationnelle, dans un sens... Bravo.
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Katell



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MessageSujet: Re: Poésie bardique   Lun 8 Jan - 7:40

Beau chemin en vérité, même si les ronces parfois en obstruent l'entrée.
Difficile mais nécessaire entreprise, que de faire le premier pas.
Ce Chemin de terre me parle et fait sens.
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Muskull



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MessageSujet: Re: Poésie bardique   Jeu 11 Jan - 10:21

Un travail ancien comme une forme de correspondance avec Taliesin, il a répondu...

Le Jugement

L’attente ignorait son terme, la durée égrenait les facettes de l’absence.
Le désir aveugle, à tâtons, cherchait l’ouverture de la gangue.
Lentes, les eaux accumulées dans les replis houleux des cavernes secrètes
Recherchaient l’interstice.
Les ombres passaient, incertaines, sans la réalité d’un nom,
Quêtant une place pour s’arrêter, interrompre leur errance insensée.

Mais la ténèbre a résonné de tous ses vides béants
Et tout ce qui vivait encore s’est redressé, les mains vides,
Tremblantes face à l’absence terrible du silence qui était.
D’exil et de mort, un chant pâle est venu à des lèvres de pierre,
Plainte fragile à la rencontre de ce qui survenait.
Le dernier cil a ployé sous la mer intérieure et l’œil s’est ouvert,
Fulgurant.

O quand la gangue consumée se dissous,
Quand les horizons opprimés se libèrent,
Quand le cristal intime se fond dans la lumière
Devenue le seul sens et la seule profondeur.
Comme tous les souvenirs apparaissent d’un ailleurs,
D’un seuil obscur que l’aile ploie du souffle de ses rémiges.

« Je suis ange et démon,
Ma vision ne connaît de limite que le vide le plus pur.
Je suis poussière de givre dans l’espace infini,
Je suis lave grondante sur les planètes nées,
Je suis cendres agglomérées aux profondes crevasses.
Ma flamme a baratté les océans sans vie
Pour que l’écume du devenir apparaisse enfin. »

« Je suis venu plonger, sourd, aveugle et hurlant
Dans la fureur de foudre de l’ouragan primaire,
Cellule par cellule j’ai modelé la vie,
Durement malmenée jusqu’à la conscience d’être. »

« Je suis mage et sorcier,
Tous répondent au flot ivre de ma voix dans le tumulte des âges.
Je suis le rut féroce des tribus sur la terre nourricière,
Je suis le chant des mères à leur enfant mourant,
Je suis le pleur des prisonniers de la pierre obscure.
Je suis l’élan des plantes vers l’astre embrasé,
Je suis faucon planant sur les cimes sauvages,
Son regard acéré qui transperce la proie. »

« Je suis barde et guerrier
Dans les tourments avides du désir enflammé.
Je suis silence et paix dans les cœurs délivrés
Des sages en leur vieillesse. »

« Je suis doute et élan, je suis douleur et joie.
Je suis celui qui est et tous me revendiquent
Dans l’errance terrible qui calcine leur âme.
Je suis l’impossible vision,
Je suis la mort triomphante des chrysalides ternes,
Je suis le souffle pur qui déploie les ailes libérées. »

« Je suis calame et hymne,
Je suis danse et caresse sur les claires envolées
Des corps enfiévrés par le désir charnel.
Je suis amour et haine, je suis sang et beauté. »

« Je suis... »

« Et toi, conscience limitée qui te crois séparée,
Je te porte, t’enfante, te nourris, te guide sur la voie
Comme un enfant tremblant, éploré et transi.
Lambeaux d’incertitudes où tu restes crispée,
Tel à l’esquif fragile dans la colère des vagues.
Délies tes doigts, laisse toi glisser et meurs... »

« Tu n’es rien de ce que tu crois être,
Tu ne peux rien si tu persistes encore, plonge et vois !... »
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Ólöf



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MessageSujet: Poésie bardique - Le Jugement   Jeu 11 Jan - 11:18

Magnifique résumé de la sagesse et de la folie du barde aux noms et aux visages multiples, inspiré et exaltant.
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